JOCARI

Projet solo de Fabien Larvaron, qu’on connaît pour avoir participé au premier album de Paloma (Harness my zebras) et comme co-fondateur de The Pelican Crossing. Jocari réussi le pari de proposer une musique folk mélancolique et envoutante, d’une grande richesse sonore sous des faux semblants low-fi.

2012 – The Vanishing Grace (LDN014)

J TVG

…ce que vous me dites que vous aimez mes [ouvrages] me confirme une idée que je viens d’avoir. Ils ressemblent, si vous voulez, à ces chansons de western, d’abord chantées dans les solitudes, et qui peuvent être baroques, mais éveillent en nous une gloire de vie inconnue, aussi bien insignifiante mais curieusement sans prix. C’est très loin des ambitions cosmiques et universelles concernant le destin et la nature humaine, qui font la valeur des littératures. Simplement les étoiles sont alentours pour mes [chansons]. Je suis heureux quand un ami les écoute …
(André DHOTEL – lettre à Jean-Pierre CANON)
2007 – In The Healing Hands of Time (LDN003)

J ITHEOT

Conçu et réalisé loin du tumulte de la ville et de ses modes éphémères, le 2 éme album de Jocari continue le voyage initié avec “Intimacy Ruins”, magnifique 1 er LP sorti en 2006, dans l’intimité, évidemment … avant d’être encensé par la presse indé.
Tout aussi introspectif et envoûtant, ce voyage-là, on l’aura compris, se fait couché sur le dos, immobile comme le préconisait l’ami Pessoa, et confirme le talent de grand navigateur de Fabien Larvaron (encore l’influence portugaise ?) capable d’aller dénicher des perles et de traquer la lumière au fond des eaux noires de la mélancolie. Humble mais soigné, plein de douceur et de douleur, ce disque déchire le cœur … et c’est un vrai bonheur.

Alors on se doute que le soin extrême porté au moindre arrangement, et l’amour – toujours – des harmonies, précieuses réminiscences pop (une vie antérieure sans doute), participent à coup sûr de ce paradoxe étrange, pour ne pas dire miraculeux. Pas de changement de cap donc, de dépaysement soudain ni de gestes brusques. Non, à peine un changement de saison. Cette fois-ci c’est l’été. Les fenêtres sont restées ouvertes et malgré les volets clos, un peu de lumière a filtré. A part ça, Dieu Merci, l’été dans l’Allier ne semble pas plus gai qu’ailleurs … A l’arrivée, une sorte d’Americana gentiment dérangée du bocage (fol allier), un peu moins aride, un peu plus douce peut être : une espèce – rare – de dark folk auvergnat, organique et habité comme on aime, que ne renieraient certainement pas Elliott Smith, Will Oldham et Mark Kozelek, les grands-frères américains tant vénérés.

2006 – Intimacy Ruins (LDN001)
J ITHEOT

Intimacies: this set of pieces belongs to what i name individual music. Related to relaxation, away from the market place and its socializing, they are played solo in a house or on the fringe of the village, strictly unattended. Young, unmarried men, usually perform this repertory dealing with seduction or love stories.

Des chansons qui parlent de gens qu’ont rien envie de faire, de minables qui croient pouvoir rattraper des oiseaux enfuis pour les faire cuire, se venger… par amour bien sûr; de mariages qui ne se feront jamais; de rêves de retrouvailles qui rendent les réveils encore plus douloureux; de solitude poisseuse donc ….
Jocari nous délivre au travers de son premier recueil, le bien-nommé Intimacy Ruins un bel ouvrage de folk intimiste et touchant ( folk rural ?)