Tycho Brahé I Géographies :: Apologie de la reprise collective

[Souvent le mélomane qui s’éprend d’une musique s’y lie plus encore que le voyageur à un lieu. Après avoir chanté Le Temps qui passe (2009), Tycho Brahé revisite ses Géographies, neuf titres et neuf artistes, – de Neil Young à Cold War Kids en passant par Will Oldham et Cat Power – en grande majorité d’Amérique du Nord. Un voyage dans la
marge folk et americana adepte d’une économie de moyens ; les mélodies s’écoulent avec un minimum d’instruments, d’artifices et de technique. On connaît le premier commandement du rock : puisque tu as un bouillonnement et/ou une mélancolie, do it yourself !A ce précepte, Tycho Brahé ajoute ici un credo : je m’occupe de la musique et pour le chant, je tends le micro à des amis. Ainsi, ces Géographies sont comme des promenades à deux parmi des plus beaux souvenirs de musique. La balade en bagnole rafistolée avec instruments jouets, crécelle et casseroles traverse des paysages accidentés. Depuis la bicoque d’un Tom Waits qui roule les « r » à la russe, on s’élève vers une région de lacs intranquilles – “I’ll be your Mirror” par Watine, “In this Hole” par Julie Konieczny –. Quand à la tombée de la nuit nous abordons le folk urbain de Low (copropriété de Yeepee & Minors), le manège d’une “Fête triste” tourne à perpétuité dans le lointain. Entre
temps, Sam Nolin aura mis le feu à “I’m a man” de Steve Winwood et Emmanuel Pidoux aka Yeepee bouleversé le proverbial « Hey hey my my / rock’n’roll is here to stay / It’s better to burn out / than to fade away ». Au voyage en première classe, ces Géographies préfèrent le pas de côté.] Thomas SERON
credits
released 12 December 2011
(p) Tycho Brahé
(cc) Tycho Brahé & les disques Normal
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